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 L'atelier il y a quelques années - Une yole en cours de restauration (1996)

 

Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /Août /2010 19:12

La région du Chablais était autrefois recouverte de glaciers qui suivaient la vallée du Rhône, depuis sa source jusqu’à Lyon. Ces glaciers avaient une épaisseur de près de mille mètres, les traces qu’ils ont laissés dans la régions du lac Léman sont colossales. Un spécimen de grande taille, appelé par les chablaisiens « la Pierre à Martin », est visible à Ballaison. Alors que la plupart des blocs dits « erratiques » ont été débités et utilisés comme matériaux de construction, les locaux n’ont pas osé s’attaqué à celui-ci.

 

Ce bloc a les dimensions suivantes : 7m30 de haut, 9m de long et 6m de large. Sa composition est une roche de corne mêlée de stéatite, de mica et de quartz, des strates parallèles sont visibles. Seuls des blocs détachés des Alpes du Valais présentent ces caractéristiques chimiques (un bloc conservé au dessus de la ville de Monthey a été classé monument historique).

 

La pierre à Martin a évidemment attiré la curiosité des scientifiques. De Saussure, Gabriel de Mortillet sont venus l’étudier. En 1904, B. Reber écrit un article dans « Le Genevois » :

« A plusieurs reprises j’ai parlé de l’extrême richesse en antiquités de la régions de Douvaine. Cette fois, mon attention est particulièrement concentrée sur le sommet de la montagne de Ballaison, à commencer par le tumulus du Châtelard et la Pierre à Martin.

La pierre à Martin est un monument à cupules préhistoriques, comme je l’ai constaté à cette dernière visite(…). Les savants veulent voir dans ces écuelles  ou cupules les récipients destinés à recueillir le sang des victimes immolées par les Druides. Ils trouvent des traces certaines de ces sacrifices sanglants dans la Pierre aux Fées de St Cergues près du pont de la Chandouze. ».

 

A proximité de la Pierre à Martin, sur l’éminence du Châtelard ont été découverts deux tombeaux, contenant les ossements d’un homme et ceux d’un adolescent. Ces tombes contenaient certainement les restes de guerriers allobroges ou de personnages de haut rang, distingués pour leurs exploits.

 

Par ailleurs, la « Pierre à Martin » a donné naissance à une légende qui connaît encore quelques succès en bas-chablais. Voici comment le Chanoine Gonthier la narrait au milieu du XIXème siècle :

 

« Par un après-midi de juillet, St Martin en quête de fraîcheur se promenait au sommet des Voirons, lorsque vint à passer Satan, la mine écarlate et agressive.

-         Holà, que fais-tu içi, vilain drôle ? gronda Martin, troublé dans ses méditations.

-         Que t’importe, ricana l’autre.

-         Que dis-tu, sinistre personnage ? Veux-tu être poli, ou alors… ?

-         Sire martin, Sire Martin, ne vous fâchez pas ! Je viens jouer avec vous et non me quereller.

-         Toi, misérable réprouvé ? Jouer avec moi, santissime Martin.

-         Sire, venons en au fait. De nous deux, quel est le plus fort… Voici deux pierres. Pourriez vous en jeter une dans le lac ? En vrai, l’homme aux mains crochues visait le presbytère de Nernier, dont le Curé lui avait ravi beaucoup d’âmes.

-         En ce cas, j’accepte ta compagnie, conclut Martin qui devinait la malice de son partenaire. Mais à toi l’honneur.

-         Après vous.

-         Soit.

 

Sans se faire prier, le saint homme plante sa canne dans la plus grosse pierre, la lève au-dessus de sa tête, la fait tourner devant lui et v’lan… le bloc siffle dans l’air et disparaît dans les eaux bleues.

-         A toi maintenant.

 

Alors, comme s’il arrachait des joncs, Satan déracine deux sapins de cinquante pieds de long, les dépouille de leurs branches, les ajustes à la manière d’une fronde, met le pied sur les racines, et à son tour, v’lan… à cet instant même, Martin se signa, le bras du monstre se raidit soudain, et la pierre déviée vient choir sur le mont de Boisy où elle est maintenant.

 

Et, pour châtier la fourberie dont il faillit être dupe, St Martin brandit sa canne, en caressa longuement l’échine du monstre, et d’un magistral coup de pied, envoie diable et diablerie par delà le Léman, en pay Genevois . ».

 

 Martin

 

Itinéraire pédestre pour découvrir la Pierre à Martin

 

De Thonon-les-Bains ou Genève rejoindre Douvaine par la  NN5, depuis Annemasse par la N206. Le départ de cette randonnée se fait de la place de la Mairie de Douvaine. Rejoindre le hameau de Chilly puis celui du Bourg Neuf.

A la sortie du Bourg, avant le carrefour en Y, monter par un large chemin qui rejoint le parcours de santé près du Château de Thénières, puis le château et enfin le village de Ballaison. Peu après l’Eglise, sur la droite, suivre la route du Veigeret puis Mont de Boisy. La pierre se situe sur la gauche, à 300m, au milieu d’un champ.

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Par Clerc - Publié dans : Activités et visites à proximité du gite - Communauté : Haute-Savoie.com
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